Diversifier ses actifs:
RetEx d’un projet d’internalisation
d’une structure d’investissement en actifs de diversification
Dans le cadre d’évolutions réglementaires, des
acteurs financiers non bancaires souhaitent se positionner mutadis mutandis comme nouveaux entrants sur les places bancaires.
De la même manière, dans un objectif de compétitivité internationale, des
institutions bancaires de pays émergents souhaitent développer une gestion plus
dynamique de leurs actifs.
En effet, particulièrement dans ce cas, il est
fréquent de constater un excédent de ressources « retail », qui donne
au bilan de la banque un profil « sans risques » comparable à celui
d’un assureur : bien souvent, les ressources sont employées en actifs
« taux d’intérêt » (cf. tableau n° 1).
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Actif |
|
Passif |
|
|
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|
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Titres d'investissement |
40 |
Dépots à Vue |
38 |
|
Titres de placement |
13 |
Livret d’épargne |
2 |
|
Prêts immobiliers |
20 |
CEL |
6 |
|
Centralisation à la caisse |
13 |
PEL |
25 |
|
Titres de trésorerie |
8 |
LEP |
13 |
|
Créances sur en-cours |
|
Avoirs sur PEP |
1 |
|
|
|
Avoirs CODEVI |
2,5 |
|
|
|
Comptes à terme |
0,5 |
|
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|
Livret Jeune |
1,5 |
|
|
|
|
|
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Solde à identifier |
4,5 |
|
|
|
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Total |
94 |
Total |
94 |
Tableau
n°1 : Situation bilancielle – Une gestion très axée autour de l’épargne
(chiffres en Mds€)
|
Tableau n°2 : un bilan très
liquide |
Néanmoins, une diversification de la gestion
financière apparaît comme une nécessité afin de réduire la volatilité de la
trajectoire financière de la banque, et d’augmenter sa performance. En effet,
le bilan très liquide de la banque (cf. tableau n°2) ne satisfait plus son
positionnement et ses besoins. Ainsi, l’intervention de SRM, conseil
indépendant, avait pour objectif opérationnel de : -
Construire les premières allocations
stratégique et tactique de la banque considérée, sur le modèle de certains
grands gestionnaires de l’épargne (cf. tableau n°3) -
Mettre en œuvre le mode opératoire proposé par
SRM de son processus d’investissement. |
|
A ces deux objectifs sont adjoints différentes contraintes : -
La réflexion sur la stratégie d’allocation
d’actifs doit se faire au regard des objectifs de performance mais aussi des
différentes contraintes comptables, économiques, et de communication
auxquelles la banque est soumise, |
Tableau n°3 : Un objectif d’allocation aligné
sur ceux des grands gestionnaires d’épargne |
-
La définition du cadre organisationnel et la
méthodologie de choix de classes d’actifs qui résulteront de la stratégie
d’allocation d’actifs retenue doit prendre en compte les facteurs internes
suivants :
o
La banque détient un portefeuille de placement
(voir tableau 1) important dont la composition a précisément vocation à être
diversifiée,
o
La gestion de la banque devra satisfaire à la
réalisation de plusieurs objectifs différenciés selon plusieurs horizons de
gestion : fin décembre 2007, décembre 2008, décembre 2010.
1.
Une structure opérationnelle de gestion d’actifs
Comme nous l’avons évoqué supra, l’essentiel de
l’actif est constitué de produits de taux, aux conditions de marché aujourd’hui
peu favorables.
Ainsi, la volonté de gérer activement ses actifs
sur d’autres classes d’actifs au sein d’un portefeuille de diversification
amène la banque à mettre en œuvre une structure opérationnelle de gestion qui a
pour objectif de :
-
constituer une plateforme complémentaire de
placement en actifs financiers,
-
capitaliser l’expérience de professionnels
reconnus dans la diversification des placements actuels par des investissements
dans des classes d’actifs de type investissement non coté (Private Equity),
dans la gestion alternative, dans l’immobilier, etc.
-
d’allouer les actifs en fonction de leurs risques
et espérances de rendement,
-
former les collaborateurs qui rejoindront cette
structure aux techniques de la gestion d’actifs (asset management) et de la
maîtrise des risques.
Organisation de la plateforme
de gestion d’actifs
La plateforme de gestion d’actifs type à mettre
en place doit ainsi être organisée sur une organisation structurée, prenant en
compte les institutions existantes de la banque, mais permettant aussi une
chaîne de décision opérationnelle favorable à une réformation de la structure
d’allocation vers une plus grande diversification (cf. tableau n°4 – Schéma
d’organisation fonctionnelle)
En premier lieu, cette plateforme dot être
composée d’une équipe de professionnels reconnus, complétée par des
collaborateurs de la banque sélectionnés au sein de la salle des marchés. Corollaire
de ce dynamisme, une approche rigoureuse de la maîtrise des risques doit se
faire avec un contrôle étroit exercé par les dirigeants de la banque et par un
comité d’approbation des investissements.

Par classe d’actifs, sont nommés quatre
directeurs opérationnels (DO), encadrant une quinzaine de collaborateurs, qui
allouent les actifs et les risques, et sont en charge de la mise en œuvre de la
politique d’investissement telle que définie par le directeur des
investissements (CIO) et validé par le comité d’approbation des
investissements.
Cadre de la politique de
gestion d’actifs
Cette équipe dédiée et cette chaîne d’autorité
doit mettre en œuvre les objectifs et contraintes suivants :
-
le portefeuille initial à investir dès avril 2007
est de l’ordre de 2,5 milliards€,
-
l’espérance de rentabilité annuelle nette doit
être supérieure à 10%, sur un horizon de gestion de 5 ans,
-
le revenu annuel doit être de 5% et la volatilité
de la valeur du portefeuille doit être limité à 5% (sous l’hypothèse d’un VaR à
95%)
Pour ce faire, des règles de gestion et des
outils performants d’allocation d’actifs sont mises en place.
2.
Des règles de gestion et des outils performants d’allocation d’actifs
Afin de supporter la démarche d’allocations
d’actifs (tactique et stratégique) sous contrainte, un outil explicite et
didactique a été mis en place.
Celui-ci se fonde sur une démarche en trois
temps :
-
la définition des objectifs de la banque,
-
la vision du marché
-
la définition des contraintes de la banque et des
choix de gestion notamment en matière de sélection d’actifs
-
le suivi des risques associés à chaque scénario
d’allocation
Le premier point, préalable, est le déterminant
global de l’outil d’allocation. Sous-jacent aux choix de l’outil, il ne
constitue pas à proprement parler une interface dédiée mais est l’élément clef
et générateur du processus d’allocation.

2.1.
un outil de benchmark de
son allocation par rapport au marché

Ainsi, les premières contraintes sont
définies :
-
un horizon de gestion donné,
-
un taux sans risque,
-
un coefficient de confiance défini par la banque
(Tau),
-
un coefficient d’aversion au risque a priori,
Des classes d’actifs sont choisies. Pour chacune
de ces classes, leur capitalisation, leur volatilité, leur rendement et leur
corrélation donnent une vue du marché à la banque.
Selon que vous ayez des objectifs différents (cf.
tableau ci-dessous) (volatilité minimale, sharpe ratio maximal, maximum de
rendement à volatilité donnée), des allocations différentes vous sont
proposées.

De plus ces allocations peuvent différer selon
que vous choisissiez un modèle d’allocation markovien, Black-Litterman, etc.
2.2.
Un outil de définition
préalable d’un grand nombre de contraintes, d’opinions et d’actifs
Parce que les règles de gestion revêtent
aujourd’hui un caractère déterminant dans le processus de sélection d’actifs,
et qu’il est nécessaire pour les gestionnaires de prendre en compte les
contraintes et nécessités propres de chaque culture d’entreprise définie par
les plus hautes instances dirigeantes, il apparaît indispensable d’intégrer
dans un outil d’allocations d’actifs l’ensemble des contraintes
écrites/non-écrites, réglementaires et internes à la société :

La définition de ces contraintes prend notamment en
compte :
-
votre opinion sur le marché (rendements
relatifs/absolus), avec des intervalles de confiance que vous pouvez définir,
-
vos contraintes de poids que vous souhaitez
allouer à minima ou à maxima pour chaque classe d’actifs
Ainsi, par exemple, vous pouvez prendre en compte
les règles de gestion suivantes :

2.3.
Un outil de monitoring
des risques
Récapitulant vos opinions et vos choix, des
niveaux de risques standards (Var 95%) et extrêmes (ES à 95%) sont définis pour
chaque type de poids et pour chaque actif.

2.4.
Pour résumer :
Sur la base de ces contraintes et choix fixés ex
ante, vous avez une vision en strates et en plusieurs dimensions (global, par
actifs, par type de poids) des niveaux de risques.
En effet, l’approche ci-dessus décrite en trois
temps sont déclinables pour chaque constituant géographique, sectoriel de
chacune des classes d’actifs :
|
Exemple : La classe
d’actif « Equity » peut être décomposée en :
Ainsi : -
Pour chacune des classes et sous classe il
existe un benchmark, -
Chaque benchmark est constitué d’un ensemble
d’actifs, -
Chaque actif a des caractéristiques propres, -
Ces caractéristiques (rendement attendu,
volatilité, corrélations) sont dans l’outil, -
Selon le critère de choix retenu l’outil
détermine ensuite le poids de chaque actif en pourcentage du poids du
benchmark dans l’allocation, -
Le processus se termine par un certain nombre
de stress tests et la validation du respect des contraintes et objectifs
définis dans l’allocation stratégique initiale |









